Société et Identité

Marche : le mode le plus utilisé et le moins financé

En France, la marche à pied est le mode de déplacement le plus utilisé après la voiture : près de 24 % des déplacements locaux se font à pied. Pourtant, les infrastructures piétonnes et leur entretien restent peu…

En France, la marche à pied est le mode de déplacement le plus utilisé après la voiture : près de 24 % des déplacements locaux se font à pied. Pourtant, les infrastructures piétonnes et leur entretien restent peu visibles dans les choix de financement des transports.

Ce décalage compte pour les trajets quotidiens, la santé publique et la sécurité routière. Comprendre les bénéfices de la mobilité piétonne, mais aussi les besoins concrets des territoires, permet de mieux mesurer les priorités d’aménagement urbain.

A retenir :

  • Près d’un déplacement local sur quatre réalisé à pied en France
  • Accès de proximité aux commerces, écoles et services essentiels
  • Infrastructures continues, sûres et accessibles pour tous les piétons
  • Financement dédié, intégré aux politiques locales de mobilité

Marche à pied : un mode fréquent, mais sous-financé

Cette place importante dans les déplacements contraste avec la faible visibilité accordée à la marche dans les politiques de mobilité. La différence tient aussi aux façons de compter les trajets et de répartir les budgets.

Une part importante des déplacements locaux

Au sein de cette réalité, le chiffre national de 24 % donne un repère, sans décrire à lui seul les pratiques de chaque territoire. En agglomération parisienne, les données mentionnées par l’ADEME situent la marche à 38 % des déplacements, en hausse de quatre points depuis 2008.

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Selon le Réseau vélo et marche, cette pratique demeure souvent sous-estimée dans les politiques publiques. Un trajet commencé à pied puis poursuivi en train peut, par exemple, être moins visible qu’un déplacement réalisé avec un seul mode.

Ces repères distinguent des situations territoriales, mais ils ne mesurent pas l’effort financier consacré à la marche. Ils montrent toutefois pourquoi la mobilité piétonne mérite des objectifs spécifiques dans les plans locaux.

Des investissements encore difficiles à repérer

À cette sous-représentation statistique s’ajoute la difficulté d’identifier les dépenses consacrées aux piétons. Des trottoirs entretenus, des traversées accessibles ou une rue apaisée relèvent souvent de programmes d’aménagement plus vastes.

Selon le Réseau vélo et marche, un fonds national consacré à la rénovation des trottoirs et aux zones apaisées pourrait donner davantage de continuité aux actions locales. Pour une commune, cela faciliterait la planification plutôt que des interventions isolées.

La question budgétaire devient plus concrète lorsqu’on examine ce que des cheminements praticables changent dans la vie quotidienne.

Les principaux repères territoriaux :

  • Pratique piétonne fréquente, mais visibilité statistique limitée
  • Dépenses dispersées entre voirie, accessibilité et aménagement urbain
  • Besoin d’objectifs dédiés dans les plans locaux de mobilité

Indicateur Territoire ou mode Valeur rapportée
Déplacements locaux effectués à pied France Près de 24 %
Déplacements effectués à pied Agglomération parisienne 38 %
Évolution de la part de la marche Agglomération parisienne depuis 2008 Hausse de 4 points
Déplacements réalisés en transports en commun Agglomération parisienne Un quart

Infrastructures piétonnes : santé, accès et sécurité

Une fois la place de la marche mieux reconnue, l’état des rues devient déterminant. Des itinéraires directs, continus et lisibles aident les habitants à choisir ce transport actif pour des trajets courts.

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Des services souvent proches, mais pas toujours accessibles

Selon une étude de l’ADEME rapportée par le Réseau vélo et marche, 70 % des habitants des villes résident à moins d’un kilomètre des équipements essentiels. Cette proportion atteint 32 % dans le périurbain et 8 % dans le rural.

Un kilomètre correspond à environ quinze minutes de marche dans les données fournies, mais la distance ne garantit pas un trajet facile. Un trottoir interrompu, une traversée dangereuse ou l’absence de rampe peut rendre l’accès pénible, notamment pour les personnes à mobilité réduite.

La marche régulière contribue aussi à la prévention des maladies chroniques et au bien-être mental, selon les bénéfices présentés par le Réseau. Elle soutient ainsi la santé publique, sans remplacer les soins ni les autres formes d’activité physique.

Les enjeux d’accès à pied :

  • Commerces, écoles et médecins parfois accessibles à proximité
  • Continuité des trottoirs essentielle aux trajets quotidiens
  • Accessibilité à prévoir pour les personnes à mobilité réduite

La sécurité routière se joue dans les rues

La proximité ne suffit pas lorsque la circulation expose les piétons au danger. Les données fournies indiquent qu’en 2024, les piétons représentaient 26 % des personnes tuées sur la route.

Le Réseau vélo et marche préconise des cheminements continus, des passages piétons surélevés et des trottoirs élargis. La limitation à 30 km/h dans les zones résidentielles fait également partie des mesures proposées aux collectivités.

Ces aménagements peuvent rendre les déplacements plus lisibles et réduire l’exposition aux conflits avec les véhicules. Leur déploiement prépare une autre question : comment financer durablement une rue plus sûre et plus praticable ?

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Besoin observé Aménagement proposé Enjeu associé
Trottoirs étroits Élargissement des cheminements Confort et accessibilité
Traversées difficiles Passages piétons surélevés Visibilité des piétons
Vitesse automobile élevée Zones apaisées et limitation à 30 km/h Sécurité routière
Rues exposées à la chaleur Végétalisation de l’espace public Confort des trajets

Financement des transports : faire une place durable aux piétons

Parce que la sécurité dépend d’aménagements entretenus, les collectivités ont besoin d’une stratégie qui dépasse les interventions ponctuelles. Le financement des transports peut alors soutenir un réseau piéton cohérent, plutôt que des portions sans liaison.

Relier la marche aux autres modes

Dans cette stratégie, la marche constitue souvent le premier et le dernier segment d’un déplacement en bus, en train, à vélo ou en voiture. Un accès piéton confortable facilite donc les correspondances vers les gares, les arrêts et les parkings relais.

Le Réseau vélo et marche recommande d’intégrer des objectifs piétons aux plans de mobilité et aux documents d’urbanisme. Une commune peut, par exemple, repérer les itinéraires vers les écoles et les commerces avant de programmer les travaux.

La marche et le vélo peuvent aussi partager certains espaces, à condition d’organiser leur cohabitation. Les collectivités citées par le Réseau mobilisent notamment zones de rencontre, signalétique et réduction des vitesses.

Planifier, financer et associer les habitants

Pour rendre ces orientations opérationnelles, le Réseau propose une stratégie nationale pluriannuelle assortie d’objectifs et un financement dédié aux trottoirs. Il préconise également de mobiliser les habitants par des diagnostics participatifs et des cartographies collaboratives.

Une telle démarche aide à repérer les obstacles qu’une carte routière ne montre pas toujours : traversée inconfortable, détour imposé ou cheminement impraticable. Selon le Réseau, associer les usagers permet de mieux cibler les priorités et d’intégrer la marche aux politiques de santé.

Les leviers d’action locale :

  • Stratégie piétonne pluriannuelle avec objectifs précis
  • Fonds consacré aux trottoirs et aux zones apaisées
  • Diagnostics participatifs et cartographies avec les habitants

Les données mobilisées proviennent de l’ADEME et du Réseau vélo et marche, notamment de « Révéler la marche, un incontournable des politiques de mobilités et d’espace public », publié le 1er avril 2025. Le chiffre de sécurité routière correspond aux informations fournies pour l’année 2024.

À retenir

Une frontière se comprend toujours mieux une fois son contexte précisé

Qu'il s'agisse de sécurité, de migrations, d'élargissement ou de souveraineté numérique, chaque facette des frontières européennes mérite d'être resituée dans son cadre propre. Comprendre ces nuances permet de lire l'actualité européenne avec plus de justesse, aujourd'hui comme demain.

Pour aller plus loin

  • Toujours préciser le type de frontière évoqué avant de généraliser
  • Distinguer l'enjeu sécuritaire de l'enjeu identitaire ou économique
  • S'appuyer sur des exemples concrets pour lever toute ambiguïté
  • Garder en tête que le contexte géopolitique prime souvent sur la carte seule